neochrome est-il un filtre ?
Non. Un filtre (ou une LUT) applique une teinte toute faite par-dessus une image déjà développée : la même recette, quelle que soit la photo. neochrome travaille en amont, sur le fichier RAW, et développe la couleur à partir de la lumière propre à chaque scène. Il sépare cette lumière en trois couches, y dépose des colorants transparents que nous avons conçus, et laisse la couleur naître de leur superposition : le procédé du Kodachrome, transposé au numérique. Deux photos différentes ne reçoivent donc pas le même traitement plaqué : chacune est développée selon sa propre lumière.
En quoi est-ce différent d'un preset Lightroom ou d'une LUT ?
Un preset et une LUT retouchent des couleurs déjà formées ; neochrome les fabrique.
Un preset, c'est un jeu de réglages enregistrés : exposition, courbes, virages de teintes qu'on repose tel quel sur le rendu standard de votre logiciel : il infléchit les couleurs que votre dématriçage a déjà décidées. Une LUT, c'est une table fixe qui remplace une couleur d'entrée par une couleur de sortie, toujours la même. Dans les deux cas, la couleur existe déjà, et l'outil la déplace.
neochrome ne déplace rien : il forme la couleur en amont, en faisant passer la lumière de la scène à travers trois couches de colorant transparent. La couleur naît d'une absorption, une couche qui retient la lumière, une teinte intense devient plus dense, plus profonde, au lieu de seulement monter en saturation comme la pousserait un curseur. Cette matière, cette densité de vitrail, un empilement de réglages ou une table de correspondance ne la produisent pas naturellement. De même, le galbe des hautes lumières et la tenue des ombres naissent du procédé lui-même, d'un bout à l'autre de l'image, plutôt que d'être recomposés réglage par réglage.
neochrome est-il un éditeur de fichiers RAW ?
Pas au sens habituel. neochrome développe bien des fichiers RAW, mais ce n'est pas un éditeur comme Lightroom, Capture One ou darktable. Ces logiciels sont des boîtes à outils complètes, faites pour corriger et retoucher dans tous les sens : recadrage et redressement, défauts d'objectif, courbes et teintes reprises canal par canal, retouches locales au pinceau, suppression des poussières, gestion d'un catalogue.
neochrome, lui, est un moteur de développement RAW. Le plus simple, pour voir ce que c'est, est de penser au moteur déjà présent dans votre boîtier : lorsque l'appareil produit un JPEG, c'est lui qui prend la lumière brute du capteur et en fait une image finie — couleurs, contraste, le rendu propre à la marque. neochrome est un moteur de cette nature, mais séparé, écrit par nous, et porteur de son propre rendu. On ne l'ouvre donc pas pour retoucher une image, mais pour la développer : vous chargez un RAW, et les quelques réglages — la lumière (exposition, température), le modelé (contraste, densité, courbes), la signature (rouges, verts, grain) — ne font qu'orienter ce développement. De recadrage, de correction d'objectif, de retouche locale ou de catalogue, il n'y en a pas : ce n'est pas un manque, c'est le principe.
Et ce rendu n'est pas un empilement de réglages : il est pensé comme une émulsion. Avant le numérique, c'était l'émulsion d'un film — sa couche de colorants sensibles — qui donnait à une image sa couleur et son caractère ; le moteur d'un boîtier n'est, au fond, que l'héritier numérique de ce rôle. neochrome s'inscrit dans cette lignée : un moteur dont le caractère a été composé à la manière d'une émulsion — des colorants transparents, la couleur naissant par absorption à mesure que la lumière les traverse. Voilà ce que veut dire émulsion numérique : non pas un atelier de retouche, mais un matériau, doté d'un caractère propre, à travers lequel vos images se développent.
Les deux ne s'opposent donc pas, ils se complètent : cadrez, nettoyez ou archivez vos images dans votre logiciel habituel, et passez par neochrome pour le développement. Et dans tous les cas, votre fichier RAW d'origine n'est jamais modifié : neochrome le lit et en forme une nouvelle image, sans jamais toucher à l'original.
neochrome est-il une simulation ou une émulation de Kodachrome ?
Ni l'une ni l'autre, à proprement parler et c'est un choix assumé.
Les deux mots désignent la même ambition : reproduire un rendu qui existe déjà. Une simulation analyse un film réel : ses courbes, ses colorants mesurés et en calcule l'imitation la plus fidèle possible. Le but est la ressemblance avec un objet mesuré. neochrome ne fait pas cela : il ne relève aucune pellicule et ne vise aucune correspondance avec un scan de Kodachrome.
Ce qu'il reprend et adapte du Kodachrome, c'est le procédé, pas le résultat. La même architecture : la lumière séparée en trois couches, des colorants transparents superposés, la couleur née de leur traversée. Mais ces colorants, nous les avons conçus : choisis pour leur caractère et leur harmonie, non copiés sur un film. Kodachrome est notre référence, notre point de départ, pas un modèle à recopier.
Autrement dit, neochrome n'imite pas le Kodachrome : il en hérite le geste. C'est une émulsion qui n'a jamais existé, bâtie sur le principe qui faisait la beauté de l'ancienne.
neochrome est-il l'équivalent numérique d'un film transparent (slide, diapo) ?
Oui, dans sa logique physique et c'est même là que se joue son rendu.
Une diapositive est une image positive qu'on regarde par transparence : une lumière blanche la traverse, des couches de colorant en absorbent une partie, et ce qui ressort forme la couleur. neochrome calcule exactement de cette manière. Il empile trois couches de colorant transparent et fait passer à travers elles une lumière blanche virtuelle ; la couleur naît de ce qui est absorbé, non de ce qui est ajouté. C'est le fonctionnement d'une diapo, reconstruit en calcul.
Ce choix donne au rendu sa matière. Parce que la couleur se forme par absorption, une teinte intense retient davantage de lumière et devient plus dense, plus profonde, au lieu de seulement gagner en éclat. Cette densité « de vitrail » est précisément la signature des belles diapositives et du Kodachrome, qui était lui-même un film transparent. Donc pour résumer : neochrome a la logique d'une diapositive, pas son support : le résultat s'affiche à l'écran, comme tout fichier numérique, exactement comme un vrai Kodachrome scanné se regarde aussi à l'écran.
neochrome est-il compatible avec tous les appareils photos ?
Oui, dès lors que votre appareil produit des fichiers RAW.
neochrome part du fichier brut, la lumière mesurée par le capteur avant toute interprétation. C'est ce point de départ universel qui le rend transposable : reflex, hybride, compact expert ou même certains smartphones, du moment qu'ils enregistrent en RAW, l'appareil convient. Le procédé ne dépend d'aucun rendu propriétaire, d'aucune marque, d'aucune génération de capteur. Il développe la lumière elle-même, d'où qu'elle vienne.
neochrome lit les formats RAW courants (NEF, CR2/CR3, ARW, RAF, DNG, et d'autres).
Pourquoi je ne peux pas charger d'image au format JPEG dans neochrome ?
Parce qu'un JPEG est déjà développé et neochrome a justement besoin de développer lui-même.
Quand votre appareil produit un JPEG, il a déjà interprété la lumière du capteur : il a choisi les couleurs, le contraste, accentué, lissé, puis jeté l'essentiel des données pour ne garder qu'une image finie. Travailler à partir de là reviendrait à repeindre par-dessus une image déjà peinte — exactement ce que fait un filtre, et ce que neochrome refuse d'être.
Le RAW, lui, contient la lumière mesurée avant toute décision. C'est cette matière brute qu'il faut à neochrome pour séparer la scène en trois couches et y former la couleur. Sans elle, le procédé n'aurait rien à développer : il ne pourrait que retoucher. Refuser le JPEG n'est donc pas une limite technique, c'est la condition même du rendu : la garantie que chaque image est véritablement développée, et non corrigée.
Comment neochrome s'utilise-t-il ?
neochrome s'utilise directement en ligne, dans une interface simple : vous chargez un fichier RAW, et vous ajustez quelques réglages pour amener l'image là où vous la voulez.
Car neochrome n'est pas un bouton unique qui produirait le même résultat pour tous. C'est un développement, et comme tout développement, il demande une courte mise au point, régler l'exposition, la densité des couleurs, l'équilibre des tons, et, si vous le souhaitez, le grain ou le caractère des colorants. Rien de technique : on déplace un curseur, l'image répond aussitôt, et l'on s'arrête quand le rendu est juste.
Conservez-vous mes photos ?
Vos photos ne sont jamais conservées. Le fichier que vous chargez est lu puis effacé aussitôt ; votre image n'est ensuite gardée qu'en mémoire, le temps de votre session — pour que vous puissiez en développer autant de versions que vous le souhaitez — et disparaît dès que vous quittez le moteur. Rien n'est stocké, rien n'est archivé, rien n'est réutilisé.
Le calcul ayant lieu en ligne, votre fichier transite par neochrome le temps d'être lu ; mais il n'y reste pas, et votre image ne vit que durant votre session. Vos images restent les vôtres, et elles seules. neochrome développe, il ne collecte pas.
neochrome utilise-t-il de l'IA ?
Non. neochrome ne contient aucune IA, aucun modèle entraîné, aucune génération d'image.
Une IA de colorisation invente : à partir d'une image, elle devine quelles couleurs conviendraient : un ciel qu'elle suppose bleu, une peau qu'elle suppose rose. Le résultat peut être beau, mais il est imaginé, et il peut s'écarter de ce qui était réellement devant l'objectif.
neochrome ne devine rien. La couleur y est entièrement commandée par la lumière mesurée dans votre fichier RAW : chaque teinte se forme à partir de ce que le capteur a réellement enregistré, point par point. Le procédé est physique et déterminé : les mêmes réglages sur le même fichier donnent toujours exactement le même résultat. Ce que nous avons choisi, ce sont les colorants, leur caractère ; jamais l'emplacement des couleurs, qui appartient à votre scène.
Autrement dit : neochrome ne réinvente pas votre image, il la développe. La beauté du rendu ne vient pas d'une couleur inventée, mais d'une couleur réelle, posée par un procédé que nous avons composé.
Concrètement, que sont les colorants ?
Dans un film, un colorant est une matière qui absorbe une partie de la lumière qui la traverse — c'est cette absorption qui crée la couleur. Dans neochrome, le colorant est la transposition de cette matière en calcul : non pas une teinte, mais une manière d'absorber la lumière, décrite précisément pour chaque longueur d'onde.
Chacun de nos trois colorants — cyan, magenta, jaune — est défini par sa façon d'arrêter ou de laisser passer chaque couleur du spectre. C'est là que vit la signature de neochrome. Un colorant n'absorbe jamais tout à fait proprement une seule région de la lumière ; il en mord un peu sur les voisines. Pour deux d'entre eux, ce débordement est même voulu — le magenta mord sur le bleu, le jaune sur le vert —, tandis que le cyan, lui, est gardé pur. Ce sont ces choix qui donnent au rendu son caractère plutôt qu'une neutralité froide. Un colorant, ce n'est donc pas une couleur que l'on poserait sur l'image. C'est une matière virtuelle que la lumière traverse et la couleur naît de cette rencontre.